Au delà des imperfections

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J’avais douze ans lorsque sont apparues mes premières vergetures. Le moment reste très clairement gravé dans ma mémoire, comme s’il s’agissait d’un événement marquant qui allait définir ma qualité de femme. Nous étions au mois d’août, à Athènes. Il régnait une chaleur étouffante. Nous avions fini de prendre le petit déjeuner avec la lenteur habituelle des vacances et nous nous préparions pour partir à la plage, le seul endroit où l’air paraissait encore respirable et où la chaleur était supportable. J’avais enfilé un petit maillot bleu Esprit lorsque, depuis la terrasse, j’avais entendu ma mère s’exclamer. Pas un cri d’effroi, non, quand même pas, mais plutôt une stupeur. Elle m’avait attirée vers elle sans méchanceté aucune, m’avait intimé de me retourner et elle avait regardé le haut de mes cuisses en laissant tomber ce constat : tu as des vergetures ! A douze ans, ce mot ne voulait rien dire pour moi. Je l’avais regardée avec incompréhension. Une fois que ma mère eut achevé de m’expliquer ce que cela voulait dire, une honte inexplicable s’est emparée de moi. Pour la première fois, j’ai détesté mon corps.

Ma mère est une mère formidable et je ne voudrais pas vous donner l’impression du contraire ici. Elle a toujours pris soin de moi et veillé à ce que je me sente bien dans ma peau, aussi, lorsqu’elle a fait cette découverte ce jour-là, je sais qu’elle n’a pas voulu me blesser. Elle a simplement exprimé sa surprise de voir des petites traces blanches sur les cuisses de sa fille de douze ans. Elle m’avait directement rassurée – les vergetures ce n’était pas grave, c’était parce que j’avais grandi trop vite. J’avais fait mine de passer outre mais cette petite insécurité était née malgré elle dans mon esprit. Les autres filles de mon âge avaient elles ces marques elles aussi ? Ces longues et fines lignes blanches allaient elles finir par disparaître un jour ? Les questions naissaient et disparaissaient au fil des jours, selon mes humeurs : c’était une imperfection qui ne m’inquiétait pas vraiment et je n’en était consciente que lorsque j’allais à la piscine avec l’école ou pendant les vacances. A mes yeux, mon corps avait cette anomalie que les autres n’avaient pas (ou pas encore) et j’avais envie de les gommer.

Photo 3La cellulite, aussi discrète fut-elle, succéda rapidement aux vergetures, me donnant ainsi un autre sujet de préoccupation. Je délaissais les cicatrices blanches pour me pencher sur ces capitons étranges, eux aussi situés sur le haut de mes cuisses. Décidément, me disais-je, cette partie de mon corps concentre tous les défauts du monde ! J’étais en pleine adolescence, je lisais Jeune et Jolie, j’empruntais les Elle de ma maman, je commençais à m’intéresser à la mode et à la beauté. Je compris rapidement au travers des magazines féminins que la cellulite était un problème de femme et, à quinze ans, je manquais du recul nécessaire pour comprendre que ce n’était pas un problème en soi.
Il m’a fallu quelques années pour surmonter ces imperfections. J’appris à aimer mes vergetures, aussi étrange que cela puisse paraître. Pendant l’année, elles étaient à peine visibles à cause de ma peau très blanche. Lorsque nous partions en vacances et que ma peau se mettait à bronzer, j’observais avec curiosité ces lignes rester blanches alors que le reste de mes cuisses se hâlait au fil des jours. J’ai fini par trouver ça beau. Ces marques qui témoignent de ma croissance, qui me disent, voilà qui tu es Justine, une belle jeune femme qui a grandi peut-être un peu trop vite mais qui a appris à s’accepter telle qu’elle est. Les derniers jours de vacances, je regardais ces marques blanches avec un sourire en coin. J’aimais bien. Aujourd’hui, à 24 ans, je les aime toujours. Je suis consciente que j’ai de la chance : certes, j’ai des vergetures et de la cellulite – comme tout le monde – mais j’avais réussi à aimer mon corps pour ce qu’il était.

Photo 4Et me voici aujourd’hui, à poster des photos en maillot sur internet ! Je vous mentirais si je vous disais que c’était chose facile. Non, prendre ces photos n’était pas chose facile. En posant devant l’objectif que tenait mon amoureux, j’avais conscience de toutes ces petites imperfections et du fait que j’allais, en quelque sorte, me mettre à nu devant vous. Je pense que, même si j’ai appris à aimer mon corps tel qu’il est, mon malaise transparait encore un peu sur les photos. Je me sens encore un peu crispée, gênée. Je suppose qu’il faut davantage d’années encore pour apprendre à s’aimer pleinement. Mais à 24 ans, je sais que je suis sur la bonne voie.
Les plus critiques d’entre-vous me diront surement qu’il est facile pour moi d’aborder l’apparence. Je suis blogueuse, je fais un grand 36 petit 38, je suis blanche, je suis blonde, je suis jeune, que je n’ai pas beaucoup de cellulite ni même de grosses vergetures. Oui, c’est vrai. Mais cela ne signifie pas pour autant que je n’ai jamais connu de période dans ma vie lors de laquelle j’avais envie de changer de corps, de jeter le mien à la poubelle et d’avoir honte de certains de ses aspects. C’est dans la tête que tout se joue et tout le monde passe par une période de doute. Absolument tout le monde.

J’ai traversé cette période relativement rapidement même si aujourd’hui des doutes différents m’assaillent : j’ai honte de ma peau craquelée, de cet eczéma qui s’est répandu un peu partout sur mon corps et qui parsème ma peau de plaques rouges et sèches. Mais comme pour les vergetures et ma cellulite, je ne doute pas qu’un jour j’apprendrai à me détacher de ces défauts. Ces imperfections font ce que nous sommes. Je ne pense pas que je serais la même personne si mon corps avait la peau lisse et parfaite de la tête jusqu’aux pieds. J’ai commencé mon chemin vers l’acceptation de soi et je compte bien le poursuivre afin de partager des valeurs positives, afin de prouver qu’au final la seule chose qui compte c’est son bien-être personnel, afin d’enseigner des valeurs justes à ma fille plus tard et la protéger des gros titres des magazines qui brisent l’image de la femme. Nous sommes telles que nous sommes et nous sommes belles au naturel ! Quand Zalando m’a contactée pour que je fasse un article sur les maillots de l’été, j’avais tout de suite eu envie d’aborder ce sujet délicat. J’avais accepté en me disant, « Justine, si tu acceptes, tu sais bien que tu vas devoir poster des photos de toi en maillot sur internet… »

Eh bien oui, me voici telle que je suis. Je n’ai pas d’abdos bien dessinés, je n’en aurai probablement jamais parce que le sport et moi, ça fait trois. Je n’ai pas de fesses rebondies et je n’en aurai jamais parce que je suis née avec un petit cul. J’ai une taille un peu bizarre, qui se resserre au niveau des hanches et s’élargit sur les cuisses, comme si je portais en permanence une culotte trop serrée. J’aurai toujours ces lignes blanches et un peu de cellulite. Et c’est très bien comme ça ! Alors que Instagram vante la beauté des ab cracks et des thigh gap, je m’assume comme je suis. Et je vous le dis les filles, ne tombez pas dans les pièges que les réseaux sociaux et les magazines vous tendent ! C’est si facile quand on est jeune de se laisser influencer par une idée malsaine de la beauté et de voir sa santé se détériorer au nom de diktats sans queue ni tête. Vous êtes belles telles que vous êtes et j’espère que vous vous verrez un jour comme le monde vous voit : de belles jeunes femmes, fières et fortes, qui ne demandent qu’à dévorer la vie.

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Je porte :

Bikini style Bardot : Even&Odd sur Zalando
Maillot une-pièce : Pistol Panties sur Zalando

 
Vous pouvez retrouver plein de chouettes maillots adaptés à la morphologie de chacune sur le guide des maillots de bain de Zalando ! Ils ont vraiment de très chouettes pièces (dont de nombreuses soldées) et je suis certaine que vous trouverez des maillots qui vous feront sentir belle au bord de l’eau cet été ! Je vous mets le lien ici

Love,

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4 réflexions au sujet de « Au delà des imperfections »

  1. Très bel article Justine, tu as tellement raison sur le fait qu’on doit s’accepter comme on est et arrêter de se comparer aux autres. J’ai vécu un peu la même chose que toi avec ces vergetures, et je ne les accepte pas totalement encore (même si mon copain m’a un jour dit que ça faisait « comme des griffes de lionne » haha) Enfin bref, je suis ravie d’avoir découvert ton blog et ton univers, je vais aller m’y balader un peu. 🙂 Bisous!

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  2. Cet article est génial Justine. Tu es incroyable. De 1, tu es magnifique, et ces deux maillots te vont magnifiquement bien. Tu as un corps magnifique. Les imperfections font la perfection de la femme. Et moi aujourd’hui je vois une femme de 24 ans rayonnante, qui a le courage d’assumer son corps sur internet, internet étant la chose la plus rabaissante et blessante selon moi. De 2, cela ne sert à rien de vouloir ressembler aux filles des magazines, aux abdos dessinés et la taille photoshopée. On a qu’une vie, pas le temps de se prendre la tête pour ça aha !
    Bref, continue comme ça ma belle, des bisous ♡

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