Une très longue absence…

 

breathing againComment revenir sur le blog après si longtemps ? C’est la première fois qu’autant de mois ce sont écoulés depuis mon dernier article (mi-février) et pourtant l’envie de vous écrire n’a jamais disparu, elle a juste été étouffée. J’arrête tout de suite celles et ceux qui ne seraient pas intéressés par le thème de cet article. Je reviens, en quelques mots, sur les raisons derrière mon absence et je ne vous retiens pas si ces raisons ne vous intéressent pas. Après tout, vous avez bien tenu 4 mois sans moi, vous patienterez bien encore un peu jusqu’au prochain article, non ? Quant à celles et ceux que mon histoire intéresse, voilà ce qu’il s’est passé.

Spoiler alert : ça va être un petit peu long, mais je vais essayer de ne pas rendre ça chiant 😉

Perdre pied

Quand je regarde derrière-moi et tous les événements qui se sont produits depuis février, je sais que tout prend sa source d’un seul événement: P. Au tout début du mois de mars, j’ai perdu mon chat. C’est la première fois que je prends le temps de l’écrire sur l’ordinateur et les larmes me montent aux yeux rien que d’y penser. Cela peut sembler insignifiant pour certains mais cet événement aura été une véritable déchirure pour moi et sa disparition a déclenché une phase ou j’ai commencé à broyer du noir en permanence et où j’aurai été littéralement submergée par mes émotions.

Un chat, pour certains, c’est juste un animal de compagnie. Pour moi, venant d’une famille qui compte ses membres sur les doigts de deux mains (oui, au total, moins de 10 doigts), mon chat ce n’était pas « juste » un animal de compagnie. Il vivait chez nous depuis mes 10-11 et puisque j’étais enfant unique, il était mon compagnon lorsque je rentrais après l’école et que mes parents travaillaient. C’était mon ami le plus vieux, tout simplement, un vrai membre de ma petite famille, et sa perte m’a été très, très difficile. Même aujourd’hui, pas un jour ne passe sans que je pense à lui et immédiatement il faut lutter contre les larmes qui montent.

flower market

Stages, travail et université

Cet événement s’est produit la veille de mon stage en néerlandais et j’ai eu l’impression de devoir mordre sur ma chique les semaines qui ont suivi, de serrer les dents tout le temps et de me tenir tout sourire devant mes élèves à prétendre que tout allait bien, que j’avais eu le temps de préparer mes leçons alors que j’avais porté mon chat jusqu’à son dernier souffle et même après et que les préparations étaient quelques peu tombées à la trappe. J’ai eu l’impression de mettre un masque pour que mon stage « se passe bien », de devoir continuer la vie sans prendre le temps de faire mon deuil et par conséquent je n’ai pas vraiment eu le temps de le faire.

Quelques jours plus tard, j’ai aussi passé un entretien pour avoir un poste dans une école bruxelloise en tant que prof d’anglais. J’y avais effectué mon premier stage, j’adorais l’école, j’avais accepté l’entretien du jeudi, je le passais du lundi. Sauf qu’entre temps mon chat était mort et surtout quelqu’un s’était présenté pour prendre les. Avec mon titre suffisant je n’étais pas prioritaire. C’était un « je suis désolée de vous avoir fait venir ».  J’ai fait le chemin du retour en marchant les larmes toutes piquées par le froid (et en chialant pas mal, aussi), parce que j’avais l’impression que plus rien n’allait. Je venais de perdre mon chat et en plus je passais à côté d’un poste qui me tenait à cœur.

C’est quelques jours plus tard que l’école m’a rappelée pour le poste. Obtenir toutes les heures, ce n’était pas faisable, mais je pouvais en prendre 6 par semaine si je le voulais. J’ai pris ça comme un signe du ciel – franchement, alors que je ne suis pas vraiment croyante – et je me suis dit « allez Justine, ça c’est un signe de P., tu vas accepter ce poste et tout va rentrer dans l’ordre ».

J’ai donc cumulé et enchainé mes deux stages actifs et mon premier poste d’enseignant ou je devais réaliser mes cours de A à Z (pas de manuels). C’était une expérience très gratifiante et je suis vraiment heureuse d’avoir relevé le défi car cela m’a énormément apporté et cela a confirmé mon envie d’enseigner. Néanmoins, en acceptant le poste, je venais d’accepter de vivre à un rythme effréné. Les travaux à l’université se sont empilés à une vitesse folle et même avec toute la bonne volonté du monde, j’ai rapidement eu l’impression de me noyer. Pourtant, toujours interdite au chaos qui commençait tout doucement à pointer son nez dans ma vie, j’ai décidé d’en rajouter une couche.

L’oiseau quitte son nid

Au fond de moi, même si on se répétait avec mon copain qu’on allait vite se trouver un chez-nous, j’ai toujours su que je resterais chez mes parents tant que mon chat y serait. Il avait 19 ans et je m’attendais à ce qu’un jour « ça » arrive. Mais mon chat était en forme, j’avais beaucoup de boulot, la vie était simple chez papa et maman et je ne cherchais pas activement un nouveau logement.

Je suppose que quand il est parti, mon inconscient m’a dit « c’est bon maintenant ». Il y a eu une combinaison d’éléments qui ont fait que, ça y était, il fallait quitter le nid. A la maison, tout me rappelait mon chat et je pleurais en permanence. Mon copain qui, soulignons-le, vivait chez mes parents avec moi depuis un an, avait aussi fort envie que l’on prenne notre indépendance. J’ai été engagée pour mes 6h semaine, ce qui me garantissait un petit revenu tous les mois jusque juin. Bref, j’ai commencé à chercher. Très rapidement, on a trouvé un petit appart rikiki (50m2) mais rénové récemment et avec jardin et terrasse. Le jour de la visite, en avril, il faisait plein soleil. J’étais en short. On s’est projetés sur la terrasse en été. On l’a pris. On emménageait le 1er mai.

En plus de l’université et du travail (heureusement je venais de clôturer mes stages avant Pâques – Amen !) j’ai donc commencé à chercher les meubles. C’était notre premier déménagement, cela voulait dire qu’il fallait plus ou mois tout acheter. Canapé, lit, matelas, rangements, linge de maison, assiettes, couverts, bref : tout. Cela prenait un temps fou mais en même temps c’était grisant de choisir ses premiers meubles, de penser son nouveau chez soi, de réfléchir à l’ambiance qu’on allait y donner. Et il fallait être prêt pour le déménagement ! Pas question de dormir par terre ou de ne pas avoir Internet. Heureusement, mon copain a géré seul toute l’administration de la location et la paperasse que ça impliquait – ce qui m’a énormément aidée. Et à part un problème avec Internet, tout s’est super bien passé.

La goutte d’eau

Jusque-là, j’avais été débordée mais j’arrivais à masquer le fait que je perdais totalement pied dans mon organisation. Nous étions en mai et les travaux de groupes s’amoncelaient, tout comme les travaux individuels, et une menace planait aussi au-dessus de nos têtes : les leçons publiques.

Nous allions être évalués sur deux leçons avec des élèves inconnus dans une école inconnue. La version prof de Koh-Lanta mais en vachement moins fun. Cela impliquait des préparations super détaillées dans les deux langues et une haute dose de stress.

AUJOUR~1Cela s’est très mal combiné pour moi : pour arriver à mener à bien mon boulot, mes travaux individuels, mes travaux de groupe et les leçons publiques, je n’arrêtais pas une seconde et quand j’allais me coucher je ne dormais plus. Je restais allongée, les yeux grands ouverts à réfléchir à ce que j’avais (est-ce que je n’ai pas oublié un truc ?), ce que j’aurais dû faire et ce que j’allais devoir faire le lendemain. Après des semaines sans bien dormir et sous pression, j’ai craqué. C’était fin mai. Je devais bosser sur une énième version d’un travail alors que je pensais que c’était terminé. Je n’avais pas encore commencé à étudier pour mes examens, ni même à lire mes cours, ce qui n’était jamais arrivé à la bonne élève que j’étais. Je devais boucler mes examens pour mes élèves (et corriger les hors-sessions). J’ai eu l’impression que l’étau de stress que j’avais laissé entrer dans ma vie venait de se refermer sur moi et que j’allais rater sur toute la ligne. Vous connaissez la suite : insomnie, crise d’angoisse comme jamais et au revoir Instagram, bonjour le toubib. Il m’a diagnostiquée en « détresse du sommeil », m’a conseillé de prendre congé (en blocus et en session – tant comme étudiante que comme prof – vous imaginez bien que ce n’était pas possible) et comme je n’avais pas d’autre choix que de continuer il m’a prescrit des cachets. Super.

Et pourquoi quitter Instagram ?

AUJOUR~1

Vous me demanderez alors pourquoi je suite partie loin des réseaux – alors qu’Insta est ma passion. La réponse est que je n’avais plus de temps pour moi ni pour Insta mais que je me sentais obligée de rester connectée pour ne pas vous perdre. Pourtant, comme j’avais le moral dans les chaussettes et que j’y passais moins de temps qu’avant, je ne vous parlais plus beaucoup et je ‘stagnais’ aussi énormément ce qui me stressait d’autant plus. Je voulais – comme dans tout – proposer le meilleur de moi-même mais je n’avais de cesse de me comparer aux autres ou alors j’étais oppressée de tous les côtés et la passion s’est transformée en pression. Je me suis sentie un peu cassée par certaines et alors que le réseau avait toujours été une bouffée d’air frais pour moi, il est devenu une source de frustration et surtout de mauvaises ondes : je ressentais des ondes négatives chez les gens et comme j’étais dans un moment délicat – pas au top, en gros – j’y étais très sensible.  J’avais l’impression de ne rien faire de bien, que les gens voyaient le mal partout, que j’étais un objet pour certaines marques et agences, et cela ne faisait que renforcer la négativité dans laquelle je me trouvais à ce moment. En outre, j’ai une impression d’illusion : j’avais toujours tenté de vous proposer du contenu positif – et j’essayais toujours – mais dernièrement je me mentais à moi autant qu’à vous. Je vous proposais des photos tout sourire alors que ma vie c’était crises de larmes et pétages de plombs sans cesse. Je vous disais qu’il fallait bien manger et s’habiller alors que par manque de temps (et surtout à cause du blues), j’étais un déchet 24/7 : je mangeais mal, je me fringuais n’importe comment et j’avais une très basse estime de moi-même. Instagram, les sourires sur les photos, le fast-fashion, le masque, ce n’était qu’une mascarade. Une belle illusion que tout allait bien que j’essayais de donner, mais que je retrouvais aussi chez les autres. J’ai eu un gros sentiment de ‘fake’, un trop plein de fausseté et qui, combiné au reste, m’a poussée à m’éloigner.

Aujourd’hui

Alors me voilà, un mois plus tard. Pendant ces journées, je n’ai pas chômé une seconde ce qui m’a permis de déconnecter pour de vrai. Je me suis concentrée sur mon travail et sur mes examens, et cela me demandait tellement d’investissement que ma vie se limitait à deux mots: me lever après une nuit sans rêves, sous somnifères, et travailler. Pour ensuite rentrer et aller me coucher. Hier, j’ai passé mon dernier examen. Aujourd’hui j’ai encodé les derniers résultats de mes élèves. Les copies sont corrigées, elles attendent le conseil de classe. Et moi, j’attends mes résultats.

Aujourd_huiAlors me voilà, un mois plus tard. Pendant ces journées, je n_ai pas chômé une seconde ce qui m_a permis de vraiment faire un break sur Insta. Hier, j_ai passé mo

Ces événements ne sont pas tous négatifs. Si je mets à l’écart la mort de P., il y a même pas mal de positif : j’ai décroché mon premier remplacement, j’ai emménagé avec mon copain, j’ai tenu bon jusqu’au bout et relevé le véritable défi qu’était de combiner études, déménagement et boulot à un rythme intensif – quelque peu au détriment de ma santé physique et mentale – mais aujourd’hui je me sens fière d’avoir pris autant de décisions importantes par moi-même et d’avoir assumé mes responsabilités jusqu’au bout. Il y a un mois, j’avais l’impression d’être au fond du trou, de ne jamais pouvoir y arriver et aujourd’hui, j’y suis. J’y suis arrivée ! C’est peut-être trop tôt pour parler des résultats à l’université car je ne les aurai pas avant une semaine mais en attendant je peux prendre du recul sur toutes ces étapes franchies et noter dans un coin de mon esprit que je suis forte et que je me suis battue bec et ongles, jusqu’à la fin.

Ce n’est pas mon but de faire un article pour me plaindre. Mon objectif, c’était de vous expliquer ce qui s’était passé dans ma vie, comment je me suis sentie, et comment je me sens aujourd’hui parce que c’est ce que j’ai toujours fait avec vous. On ne peut pas juste vous partager ce qui va. Parfois, la vie, c’est une aventure ! Et toutes ces blogueuses qui vous proposent un contenu de rêve, je vous assure que si je pouvais me sentir bien nulle à côté d’elle autrefois, aujourd’hui c’est le contraire. Je me sens loin de tout ça. Parce que j’ai décidé de choisir l’essentiel (ma santé, mon avenir, ma vie privée) et non le superficiel (internet, l’apparence, les réseaux). Parce que j’ai pris des décisions qui étaient dures et que j’en paie peut-être les conséquences aujourd’hui en termes de visibilité mais que je sais que toi, toi qui est derrière ton petit écran maintenant et qui a lu tout cet article, toi tu fais ma différence. J’ai eu une année pourrie et ça arrive à tout le monde. Et la plupart des gens s’en sortent. Donc si toi aussi tu as une année pourrie, le meilleur conseil que je puisse te donner c’est de serrer les dents et de retrousser tes manches. De t’entourer des gens qui t’aiment et de faire des choix POUR TOI, pour ta vie, ta santé, et non pour les autres. Ce ne sont pas les choix les plus aisés mais ce sont les meilleurs. Et la route est longue. Pour moi c’était 4 mois. Pour d’autres ce sera peut-être 2, peut-être 8, peut-être plus. Mais quand on se bat, on y arrive ! Il y aura des bas mais il faut que dans les pires moments, on arrive à identifier ce qui est là pour nous construire et nous tirer vers le haut. Ce n’est pas le plus évident à comprendre mais tout ce qui nous arrive pour une raison, alors tentons de comprendre pourquoi et d’en tirer profit pour nous épanouir.

*Cheesy ending*

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